Cela ne vous arrive jamais de vous dire que vous avez tout perdu ? Plutôt du sens que vous n'avez rien réussi. Que vous marchez seul ou à plusieurs dans la rue, vous avez l'impression que dans votre coeur, c'est le vide, vous n'entendez plus les rires, les cris, les blagues de vos amis. Vous n'entendez plus que les battements de votre c½ur. Un c½ur. On se demande comment et pourquoi lui, il se bat encore contre un monde, dans lequel on ne maîtrise rien. Mais vraiment rien. Vous vous comparez alors à des pions. Vous n'agissez plus par vous même. Vous vous dîtes que la vie n'a plus aucun sens étant donné que vous n'en tenez plus les rennes. Le temps ne fait plus varier votre humeur, qu'il pleuve, qu'il neige, qu'il vente, qu'il fasse beau, chaud froid... Vous ne voyez plus la différence. Vous avez froid, votre c½ur est froid. Peu à peu, il se transforme, se change, se recouvre d'un bloc de pierre. La présence des autres est bénéfique, mais éphémère. Vous ne savez plus différencier le bien du mal, vous avez besoin de quelque chose, de quelqu'un, mais qui. On vous apporte de l'aide, vous vous repliez sur vous même, jusqu'au moment où ce qui vous aiment le plus vous haïssent et vous tournent le dos alors que sans oser le dire, vous avez besoin d'eux. La communication n'a jamais un point facile pour vous. La pile de sentiments intériorisés est souvent difficile à maintenir. Elle sort souvent sous l'apparence de mots stridents, blessants, ou alors par des actes irréfléchis. Vous êtes finalement bel et bien seuls. Personne à qui parler, à qui se confier, de peur de blesser encore un être cher. Comment survivre à tout cela, comment arriver à oublier que votre vie ne rime à rien ? Comment... Vous ne savez plus où aller. On vous dit "je t'aime". Comment peut-on aimer une coquille vide ? Vous cherchez à chaque instant une solution. Une solution au fait que désormais, lorsque vous regardez le ciel, immense, infini, vous oubliez les personnes qui vous parlent, vous ne pouvez plus faire marche arrière. Vous plongez dans vos bains de larmes, vous vous sentez inutile, impuissants. Les gens qui ont besoin de vous sont malheureux car vous n'arrivez plus à vous soigner vous même. Votre c½ur bat pourtant encore. Il vous force à continuer, contre votre volonté. Vous aimeriez dormir, rêver toute la journée. Vous vous dîtes que l'on se doit de continuer pour les autres, pour ne pas les inquiéter. Mais cela est si compliqué en sachant que votre simple présence, les fait souffrir. Vous pensez alors au Paradis, aux Enfers, où vous irez... Des larmes, invisibles parfois coulent de vos yeux sans expression, vides eux aussi. Vous auriez aimé pouvoir encore contrôler votre visage. Pouvoir rire tout en ayant ces larmes à l'intérieur de vous, coulant dans vos veines. On pense à les extérioriser... mais cela ne fera qu'aggraver les idées. La souffrance de l'âme est-elle plus dure que celle du corps ? Vous aimeriez trouver un remède, partir loin afin d'oublier les gens autour de vous. Mais où aller ? Cela ne changera jamais votre sentiment d'être dans le néant. Vous avez juste besoin que les autres soient heureux à votre place. Mais comment réussir quand ils dépendent de vous ? Ça fait mal. Vous n'arrivez plus à rien à part à faire du mal. Où est celui ou celle qui éclairera votre lanterne afin de mettre un peu de chaleur dans votre c½ur sans que vous n'ayez à la rendre pour l'instant ? Vous avez perdu votre flamme, dans le c½ur de tous ces gens. Qui ont oublié de vous un prêter un peu de la leur en échange... L'indifférence. Vous en avez tous peur. Vous aimez, vous avez besoin d'être important pour quelqu'un, pour plusieurs personnes. Vous aimeriez avoir de la valeur. Arriver à avoir quelque chose de spécial. Vous auriez voulu pouvoir faire quelque chose que seuls vous savez faire à la perfection dans votre entourage. Pouvoir se consoler sur cela lorsque vous avez l'impression que vous êtes bons à rien. Sauf que vous n'avez rien. Vous ne savez rien. Danser. Chanter. Jouer d'un instrument. Cuisiner. Travailler. Dessiner. ... Vous ne maîtriser aucun domaine. Souffrir. Pleurer. Se plaindre. Ça, vous ne savez faire que ça. Vous aimez chanter. Vous auriez aimé chanter une guitare à la main au clair de lune. Vous ne réussissez rien. Vous ne valez rien. Vous êtes conçu à 70% d'eau. Que vous utilisez à 65% pour vos larmes... Vous recherchez ce qui vous donnera de la valeur. La chose, que vous saurez faire. Si elle existe.
Finalement... On est toujours aussi perdu quoi qu'il arrive.
On fait mal, on a mal, on espère, on désespère, on admire, et on finit par être vraiment déçue.